La vérité du Hirak : refondation ou effondrement de l’Algérie ?
Aurons-nous enfin le courage de regarder notre histoire en face ? Aurons-nous la lucidité d’admettre que nous avons failli dans notre entreprise de décolonisation ?
En 1962, l’Algérie a conquis son indépendance politique. Mais l’Algérien en 2026, demeure encore en quête de sa dignité, de sa citoyenneté et de sa liberté. La France coloniale a quitté le territoire, mais l’esprit de domination, lui, a survécu. Il a changé de forme, de visage, d’uniforme, de discours[1] et de maîtres.
La décolonisation n’a donc pas pris fin le 5 juillet 1962. Elle se poursuit. Elle travaille encore notre histoire, notre conscience, notre douleur. Après l’été sanglant de 1962, l’Armée des Frontières a conquis le pouvoir par la force. En dépossédant le peuple de son indépendance, elle s’est proclamée propriétaire de l’Etat, de la mémoire et du destin national.
Depuis ce jour, L’opposition à ce pouvoir n’a jamais cessé. Elle a changé de visage, de forme, de langage et de génération, mais elle n’a jamais disparu.
Elle fut d’abord portée par des personnalités historiques puis s’est structurée dans des mouvements partisans. Elle a connu, au cours de ce long périple les défaites, les prisons, les exils, les assassinats, les crimes de masse, les silences forcés. Elle a fini par devenir une opposition politique en 1999 et vingt ans plus tard, en 2019, elle est devenue une opposition sociétale globale : un soulèvement populaire, une parole collective, une agora nationale.
Le 12 décembre 2019, restera comme une date de dévoilement. Ce jour-là, le peuple a refusé la mascarade électorale et a crié : « Pas d’élections avec les gangs[2] ».
Ce mot -les gangs- disait tout. Il désignait ce que les algériens appellent depuis longtemps le Système : un pouvoir opaque, mafieux, corrompu et corrupteur et antinational[3].
Le 12 décembre 2019 a scellé la nature véritable du régime né en 1962. Ce Système n’est pas un accident de parcours. Il n’est pas une dérive tardive. Il plonge ses racines dans le crime originel de l’été 1962, lorsque l’Armée des frontières, en écartant les maquis de l’intérieur et le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) s’est emparée de l’Algérie par la force.
Devenue par la suite Armée nationale populaire, elle a fait main basse sur le pays. Pour régner indéfiniment, elle a reproduit, à l’image de la France coloniale, les mêmes mécanismes de domination : intimider, diviser, manipuler, corrompre, emprisonner, assassiner, falsifier l’histoire et fragiliser sans cesse la société.
Ainsi, la post-colonie n’a pas aboli la colonie. Elle l’a prolongée sous une autre forme[4].
Hier, il y avait l’Algérie des colons face à l’Algérie des Indigènes. Aujourd’hui, nous avons l’Algérie des Généraux face à l’Algérie du peuple.
1999 : l’espoir trahi
De 1999 à 2019, deux dates se répondent. Elles dressent, à elles seules, le portrait brutal de l’Algérie post-coloniale.
En avril 1999, après sept années d’une guerre fratricide[5] qui avait profondément meurtri le pays, l’espoir de bâtir une véritable Nouvelle Algérie sembla, un instant, possible. La campagne électorale portait une promesse : celle du changement. Cette promesse était incarnée par des personnalités qui voulaient sincèrement rendre l’Algérie à son véritable propriétaire : le peuple algérien.
Mais cet espoir a été brisé.
Ait-Ahmed, Hamrouche, Taleb El Ibrahimi, avaient reçu des garanties de la Présidence et de l’Armée -autrement dit du Système- selon lesquelles les élections seraient libres et honnêtes.
Le furent-t-elles réellement ?
Les deux derniers connaissaient le Système de l’intérieur pour l’avoir servi. Le premier demeurait la grande figure historique de l’opposition depuis 1962 et héritier de l’esprit du Moudjahid, de cette dignité politique qui refuse la servitude même lorsqu’elle se drape dans les couleurs nationales.
Malgré le poids de l’histoire, malgré l’attente immense des Algériens, malgré l’espérance d’un nouveau départ soulevée par campagne électorale, le Système est resté fidèle à sa nature profonde : tout, sauf le peuple.
Le mot centrale de 1999 était : changement. La réponse du Système fut : continuité.
Il désigna Bouteflika. Celui-ci fut l’héritier politique de Boukharrouba-Boumediene, c’est-à-dire de la matrice même du pouvoir né en 1962.
La logique qui installa BEN BELLA au pouvoir en 62 est la même que celle qui le destitua en 1965. C’est la même mécanique de confiscation. L’esprit de l’Armée des Frontières a façonné l’Algérie. Sous Boukharouba-Boumediene, ce fut l’époque de la force. Sous Chadli, celle de la médiocrité. Sous Bouteflika, celle de l’Argent[6].
Réunissez la force, l’ignorance et l’argent dans une même entité et vous obtenez l’image de l’Algérie actuelle : un pays et un Algérien défigurés.
2019 : redevenir peuple.
Décembre 2019 fut le moment où le peuple formula avec une clarté inédite, et avec une grande maturité politique, ce que soixante années d’opposition avaient porté dans la douleur et le sacrifice : le changement du Système.
Pour la première fois dans notre histoire contemporaine, la revendication essentielle ne portait pas sur le départ d’un homme, ni sur le remplacement d’un clan par un autre mais visait le cœur même de la domination ( Yetnahaw Gaä !. Qu’ils dégagent tous).
Le Hirak populaire fut plus qu’un mouvement politique. Il fut une résurrection morale. Le peuple était en train de revivre. Il signe le retour du peuple sur la scène de sa propre histoire. Ce fut le moment où l’Algérien ordinaire, la femme debout, le jeune humilié, le chômeur, l’exilé, le prisonnier de conscience, les couches populaires et la rue algérienne ont rappelé au Système cette vérité simple : l’Algérie ne lui appartient pas. Et face au monde, le peuple algérien donna l’image exemplaire d’un peuple en quête de sa dignité.
Jamais l’histoire de l’Algérie n’a été aussi présente, aussi vivante, aussi disputée que durant le Hirak populaire. Le peuple a transformé la rue en agora. Il arracha l’histoire aux chancelleries du Système pour la rendre à la conscience populaire. La quintessence de cette appropriation s’est dévoilée le 5 juillet 2019, à Alger, lorsque les manifestants scandaient : « Le peuple veut l’indépendance ».
Ils ne répétaient pas un slogan. Ils posaient le diagnostic le plus profond de notre condition historique.
Car l’Algérie est indépendante mais l’Algérien ne l’est pas encore[7].
1962, 1999, 2019, 2026 ; quatre dates, quatre fractures, quatre révélateurs.
1962 : Tahya Al Djazaïr
1999 : pauvre Algérie
2019 : redevenir peuple
2026 : l’Algérie face à l’affaissement
L’esprit de l’Armée des Frontières pour asseoir sa mainmise sur l’Algérie a distillé son poison dans le corps social : la culture militaire.
Hélas, il n’y a pas de différence de nature entre la culture coloniale et la culture militaire. Toutes deux reposent sur la dépossession du peuple de sa souveraineté et l’organisation de son impuissance.
Les Algériens et l’histoire[8].
Des tonnes de livres ont été écrits sur l’Algérie dans l’histoire. Mais le rapport de l’Algérien à son histoire reste encore à interroger, à visiter et à écrire.
L’histoire n’est pas seulement une mémoire. Elle est un enjeu politique majeur car celui qui possède le récit possède la légitimité. Celui qui écrit l’histoire décide qui sera héros, qui sera traître, qui sera oublié, qui sera célébré, qui sera effacé et quelles dates devront être sanctifiées.
Orwell l’a écrit dans 1984 : celui qui a le contrôle du passé a le contrôle du futur. Celui qui a le contrôle du présent a le contrôle du passé ; cette phrase semble avoir été écrite pour l’Algérie.
Le Système n’a pas seulement confisqué l’Indépendance aux Algériens. Il leur a aussi volé leur histoire. Il s’est transformé en écrivain officiel du roman national. Il a fabriqué ses héros, désigné ses traîtres, sanctifié ses clans, enterré ses crimes, neutralisé ses opposants et maquillé ses forfaitures sous l’habillage de la légitimité révolutionnaire.
Tant qu’un consensus existait entre les décideurs pour désigner le Président, un seul récit faisait autorité. Mais depuis l’avènement de Bouteflika, ce consensus s’est fissuré. Plusieurs narratifs ont alors vu le jour. Non pour réconcilier les Algériens avec leur histoire. Non pour faire œuvre d’historien. Non pour questionner les faits avec rigueur. Mais souvent pour dresser une mémoire contre une autre, une vision d’un clan contre une autre afin de diviser davantage les Algériens, de les neutraliser et de servir le Système ; ce qui a provoqué un désamour entre l’Algérien et son histoire, une grande suspicion, presque un divorce.[9]
En 2019, nous avons fait peuple. Pour donner vie à ce sentiment, nous sommes désormais sommés de reprendre notre histoire, non pour la mystifier, mais pour la comprendre. Hocine Zehouane rappelait que la vérité historique n’est jamais figée, que l’histoire livre ses secrets à retardement et la règle cardinale consiste, pour reprendre Raymond Aron, à refuser de voir une époque, une société, une classe comme elles se voyaient elles-mêmes, et à toujours ramener le passé au présent ».[10]
Si nous ramenons le passé à notre présent, une première grande question s’impose au Système : qu’avez-vous fait de notre indépendance ?
Un Etat ne se construit pas sur une légitimité usurpée ; l’Etat que Boukharrouba-Boumediene, fondateur du Système nous avait promis, est devenu la propriété des Gangs mafieux[11].
L’opposition et le piège de la discorde
Le système post-colonial comme le système colonial, a toujours utilisé deux armes : les élections comme façade politique et la violence comme stratégie de domination. Il a fait de la peur un instrument de gouvernement et de la discorde un instrument de survie. Il n’a admis dans l’espace public que des alliés, des serviteurs, des figurants ou des ennemis à abattre.
En guise de rappel, l’assassinat politique de Mecili en 1987 avait pour objectif d’étouffer la réconciliation entre deux partis démocratiques fondés par des historiques : le Front des Forces Socialistes (FFS) et le Mouvement pour la Démocratique en Algérie (MDA). L’assassinat de Abdelkader Hachani en1999 visait une figure réconciliatrice, un pont possible entre des courants politiques que le Système voulait maintenir séparés.
Depuis 1962, le Système a fait la chasse aux valeurs qui fondent la noblesse de l’Homme et ce qui caractérisait la personnalité du Moudjahid : le courage, l’honnêteté, la probité, la droiture, le sacrifice. Il a toujours considéré la critique comme une insulte, le désaccord comme une menace, l’opposition comme une trahison.
C’est pourquoi l’opposition politique, sous sa seule forme classique d’organisation ou de parti, n’a jamais pu changer le Système. Celui-ci ne combat pas seulement ses adversaires ; il organise les conditions de leur impuissance en les divisant, les isolant, les poussant à la rivalité pour se présenter comme le seul garant de la tranquillité[12].
La véritable leçon de notre histoire est donc claire : malgré nos différences- et tant mieux qu’elles existent car elles sont le signe de notre richesse- nous devons adopter une ligne directrice, une socle commun, un idéal fondateur : le changement du Système.
L’heure n’est nullement à la discorde. La discorde fait partie de la mise en garde orwellienne : elle donne vie au Système.
Prenons exemple sur nos prédécesseurs en 1999. Les six personnalités de l’élection présidentielle, malgré leurs différences, ont pris une décision politique commune : se retirer la veille de l’élection. Elles ont ensuite rédigé le 14 mai un Manifeste pour les Libertés et la Démocratie[13]. Ce manifeste reste d’actualité et nous pourrions encore l’endosser sans réserve.
Tebboune est le Président de l’Algérie[14] ; il n’est pas le président des Algériens.
Cette distinction n’est pas une formule. Elle est une ligne politique. En s’adressant à lui comme à un président porteur d’une légitimité populaire, certains opposants[15] prennent le risque de discréditer les non-signataires de l’Appel. Ils prennent le risque de les placer implicitement dans le champ des opposants dits « non civilisé », supposément destructeurs, et de les exposer davantage à la furie des « influenceurs » de l’Algérie nouvelle, ces gardiens numériques de la servitude qui voient dans tout opposant un traître à abattre.
Nous ne leur jetons nullement la pierre mais nous les alertons qu’il existe une autre partie de leurs frères et sœurs avec qui ils partagent le même combat, la même douleur et le même idéal.
L’opposition intérieure, cœur vivant de la résistance.
La véritable opposition existe sur le sol Algérien. Elle est plus que civilisée. Elle s’est structurée dans des mouvements politiques, associatifs et syndicaux., dans des voix libres, dans des consciences droites, dans des existences menacées. Elle porte en elle des personnalités politiques dignes de représenter l’Algérie et l’Algérien.
Quel sort lui est réservé ?
Certains espèrent rentrer en Algérie. Eux, luttent simplement pour y vivre.
Ils vivent dans un Système qui sème la non-vie. Ils résistent et espèrent. Leur quotidien n’est pas celui du commentaire lointain, mais celui du risque. Leur combat n’est pas abstrait : il est fait de surveillance, d’humiliation, d’intimidations, d’interdictions, de convocations, de prisons, d’exils intérieurs et privations quotidiennes.
Ils vivent l’enfer.
Mais ils restent debout.
Notre rôle est de les accompagner. Notre rôle est d’être, nous aussi, malades de leur espérance. Malades de cet espoir qui les maintient debout. Malades de cette fidélité qui fait d’eux les véritables héritiers de l’histoire algérienne.
Car le seul héritage que cette terre a laissé à ses enfants, le seul trésor que ni les colonisateurs ni l’Algérie indépendante n’ont pu totalement détruire, c’est l’esprit de résistance. Et c’est précisément cet esprit que le Système veut éradiquer.
Ne pas reproduire les fautes du passé.
L’état dans lequel se trouvent l’Algérie et l’Algérien doit nous obliger à ne pas reproduire les fautes du passé.
Nous avons vu ce que les scissions, les rivalités et les désaccords dans le mouvement indépendantiste ont engendré : crises, assassinats, cooptation, clans et tragédies. L’Algérie ne s’en est jamais vraiment remise[16].
Depuis novembre 1954, une erreur fondatrice nous poursuit : avoir inversé la théorie révolutionnaire. Là où il fallait l’Organisation, l’Agitation, puis l’Insurrection, nous avons commencé par l’Insurrection et depuis ce jour-là, nous n’avons cessé de courir derrière l’Organisation.
Cette inversion n’a jamais enfanté une organisation politique solide, dotée d’une direction centralisée capable de transformer le sacrifice en Etat, la révolte en institution et l’indépendance en souveraineté populaire.
Elle a ouvert la porte aux complots, aux assassinats, à la logique de la force en 1962 et, aujourd’hui, aux gangs mafieux.
Trois grandes personnalités de l’ère coloniale ont sincèrement servi l‘Algérie et ont connu des destins tragiques.
Messali, le fondateur du courant indépendantiste, fut relégué au rang de traître.
Bachir el Ibrahim, le saint, le chevalier de la langue arabe, fut enfermé dans l’accusation d’assimilationnisme.
Bennabi, l’intellectuel engagé, fut réduit à l’image commode de penseur théorique qui vivait dans sa tour d’ivoire et n’a pas participé à la guerre de libération.
Le Système a combattu les hommes qui pouvaient rendre l’Algérie à sa profondeur historique, politique, spirituelle et civilisationnelle. Il a manipulé leurs images pour empêcher les Algériens de penser librement leur propre histoire.
Or l’Algérie alternative que tout Algérien espère doit d’abord se réconcilier avec son histoire. Le problème politique en Algérie trouve sa source dans le péché originel de 1962. La prise du pouvoir par la force par l’Armée des Frontières. Cette illégitimité populaire est incommensurable. Elle a créé un divorce profond[17], presque irréparable entre le Système et le peuple.
Et tant que ce divorce ne sera pas nommé, pensé, reconnu et dépassé, nous continuerons à vivre dans l’impasse algérienne[18] : une société sans horizon, une impasse grosse de tous les dangers.
Notre salut est dans notre unité.
L’unité ne signifie nullement l’uniformité. L’unité n’exclut pas les différences ; elle leur donne un sol commun. Elle leur permet de dialoguer, de grandir, de s’enrichir et de s’ordonner autour d’un objectif supérieur.
Nous pouvons avoir des sensibilités différentes, des trajectoires différentes. Mais nous ne pouvons plus transformer nos différences en fractures mortelles. Nous discréditons l’idée même de l’opposition aux yeux du peuple. Et derrière le rideau, le Système se frotte les mains : nos divisions, nos querelles, nos suspicions sont son carburant.
L’unité est notre arme de salut. Elle est le premier acte de la Refondation.
Comme l’avait souligné José Garçon en 1999 dans son article Algérie, l’impossible restauration, s’il est une constante dans la vie politique algérienne, c’est que le pire n’est jamais à exclure.
Et quel pire peut encore s’abattre sur l’Algérie après tous les désastres déjà vécus ?
Le désastre urbanistique est là.
Le désastre politique est là.
Le désastre économique est là.
Le désastre culturel est là.
Le désastre linguistique est là.
Le désastre moral est là.
Il ne reste plus que le désastre ultime : l’effondrement de l’Algérie.
Nous sommes dans l’Urgence. La refondation ou l’effondrement.
Sauver l’Algérie de la confusion mortelle.
Nous devons sauver l’Algérie de cette confusion mortelle dans laquelle le Système veut l’enfermer. Car le Système se confond avec elle. Il prétend l’incarner. Il veut faire croire que s’opposer à lui, c’est s’opposer à l’Algérie.
Mais depuis plus de soixante ans, il travaille à la chute du pays. Il use et vide l’Algérie de ses forces vives, humilie le peuple, vide les institutions, corrompt ses élites, appauvrit la société et cherche presque à nous faire regretter le jour où nos pères ont osé affronter le système colonial.
L’image de Berlin, ce 16 juillet 2026, comme tant d’autre rencontres du Président de l’Algérie, a fait ressurgir les vieux clichés de la culture coloniale. Hier, on parlait des béni oui-oui et des Bouz-Bouz, ces indigènes utiles au système colonial. Aujourd’hui, nous avons les influenceurs du Système, les néo-marsiens, les « rani-radhi babladi (je suis satisfait de mon pays), les Taballines (les Applaudisseurs) et les Chiatines (les Adulateurs).
Hélas, comme à l’heure coloniale, nous avons toujours ceux qui vivent dans l’orbite du Système, des hommes pour applaudir leur propre humiliation, des voix pour transformer leur soumission en patriotisme, des hommes dont les positions sont davantage déterminées par les intérêts que par les principes.
Mal à l’Algérie.
Comme personne, nous pouvons vivre. Comme Algériens, nous[19] avons mal. Affreusement mal.
Notre peuple a été humilié depuis 1830 et continue de l’être. En 2026, nous, héritiers de cette longue et terrible souffrance, sommes incapable d’élire librement une personne digne de représenter l’Algérie et l’Algérien. Une personne, qui aime l’Algérie et l’Algérien. Une personne qui agisse comme un digne serviteur. Une personne qui comprenne que servir l’Etat, ce n’est pas se prendre pour l’Etat.
Comment peut-on admettre que, dans ce pays de martyrs, des homme du Système se prennent pour des dieux et agissent en toute impunité, à l’image de « RAB D’ZAÏR » – le Dieu de l’Algérie- sans oublier les petits dieux, les arbabes que le Système continue d’enfanter ?
Notre salut est donc dans notre unité. Cette unité s’impose d’elle-même si l’Algérie et la dignité de l’Algérien sont notre préoccupation essentielle. Aujourd’hui, le système prisonnier de sa propre logique, ne peut s’ouvrir à la société, car pour lui, cette ouverture serait le signe de sa disparition.
Qu’il sache pourtant que sa fin sera salutaire pour notre survie en tant que peuple. La souveraineté populaire est la seule garante de notre destin national. Elle est le véritable tremplin de notre renaissance.
Ce jour-là seulement, la décolonisation sera achevée.
Ce jour-là seulement, l’Algérie cessera d’être confisquée.
Ce jour-là seulement, le cri de 1962 retrouvera son sens profond : Tahya El Djazaïr.
Ibrahim Kentour – Mahmoud SENADJI (Algérie du Peuple)
[1] Un souvenir de jeunesse qui a structuré toute ma conscience politique, lycéen, année 1976, je militais au sein de l’Union Nationale de la Jeunesse Algérienne (UNJA) de mon village et nous avons été invité à assister à une réunion pour entendre le commissaire politique du parti unique le FLN ; je n’ai gardé, de cette rencontre, comme souvenir, que l’attitude altière du Commissaire et ces deux phrases révélatrice de l’esprit partisan du locuteur« Jabnalkoum al Istiqlal ou karinakoum – on vous a ramené l’indépendance et on vous a scolarisé.
Ce jour-là, l’idée qu’il y avait « eux » et « nous » s’est inscrite en moi et n’a fait que se consolider par la suite et prendre sens intellectuellement dans l’idée qu’il existe encore deux Algérie : l’Algérie des Généraux et Algérie du Peuple.
[2] Nous avons choisi en 2022, la date du 12 décembre pour lancer l’idée de l’Algérie du Peuple, en référence au 12 décembre 2019. Ce slogan « Pas d’élections avec les gangs » est une frontière politique entre le Hirak institutionnel représenté par ceux qui ont imposé les élections et ont considéré que le Hirak a atteint ses objectifs en désignant Tebboune (l’Algérie des Généraux-le Système) et le Hirak populaire, celles et ceux qui ont dit non à cette mascarade, la majorité du peuple et continuent à lutter pour l’indépendance citoyenne de l’Algérien, dont nous estimons qu’ils représentent l’Algérie du Peuple.
[3] Mouloud Hamroucle, le système algérien est antinational, El Watan, 04/09/2019
[4] L’historien Mohammed Harbi utilise le concept de colonisation intérieure pour définir la post-colonie en Algérie.
[5] L’honnêteté morale et intellectuelle m’oblige à écrire que l’objectif visé par les janviéristes en 1992, en décidant l’arrêt du processus électoral, était de faire revivre aux Algériens le même climat de la guerre d’indépendance. Elle a duré 7ans (92-99). Afin que la deuxième prenne le pas sur la première et blanchir l’image du colonialisme. La loi sur le rôle positif de la colonisation de février 2005 en France en est l’illustration.
[6] Senadji Mahmoud, L’Algérie : pays des simulacres, Oumma, 29 décembre 2008.
[7] Algérie : à quand l’indépendance de l’Algérien, le Matin d’Algérie, 14 juillet 2026
[8] Une rencontre a structuré ma vie. J’avais vingt ans, l’été 1977, lors d’une fête familiale, le dernier de ma famille, les Sanhadja, vivant encore au Djebel BABOR dans le petite Kabylie, après avoir su que mon père, mort en 1957, avait laissé un nouveau-né de deux jours, exigea de me voir. Face à lui, il prit ma tête entre ses mains, me regardant intensément, il proféra cette phrase pleine de sagesse, une phrase programmatique, pour une personne comme pour un peuple : « celui qui ne connait pas son histoire, se perd ». Le mal être profond des Algériens, l’affaissement moral dans lequel se trouve la société, ce désir sociétal de fuir le pays trouve sa raison d’être dans l’histoire. Notre réconciliation avec notre histoire, émancipée de tout mainmise politique est la condition de notre renaissance et de notre réconciliation entre Algériens. C’était l’espoir que portait le Hiruak populaire en 2019.
[9] Le rapport de l’Algérien et son histoire a été magistralement présentée par le dramaturge Abdelkader Alloula, dans sa pièce « Les Bonnes gens » où un comédien apostrophant son ami lui dit « Toi et l’histoire vous ne vous rencontrerez jamais, quand elle descend toi tu montes et quand elle monte, toi tu descends ».
Tout le drame de l’Algérie et de l’Algérien sont là : l’absence de la vérité historique.
[10] Hocine Zehouane, Algérie Actualité de la semaine du 25novembre au 1décembre 1993.
[11] Je fais référence à la blague qui circulait en Algérie. Le Parrain de la mafia italienne état exaspéré d’entendre que la mafia algérienne est la plus forte, pour savoir ce qu’elle a de plus, il envoya un de ses lieutenants s’enquérir, il revint avec ce constat cinglant :
Oui, ils sont les plus forts. Ils ont un Etat, un drapeau, une Armée, des Ambassades, de l’Argent. Ils ont tout.
Blague reprise dans le livre du chercheur Thomas « L’Algérie face à la catastrophe suspendue,
[12] La tranquillité (SOUSTA) caractérisait réellement la période de Boukharrouba-Boumediene où les gens se sentaient en sécurité. Mais la tranquillité n’est nullement synonyme de la paix intérieure. La paix intérieure dynamise une société, la tranquillité les paralyse.
[13] Hocine Ait Ahmed, Mouloud Hamrouche, Taleb El Ibrahimi, Youcef Khatib, Abdallah Djaballah et Mokdad Sifi, Le Manifeste pour les Libertés et la Démocratie, 14 mai 1999.
[14] De quoi l’Algérie de Tebboune est-elle le nom ? Le Matin d’Algérie, 4 septembre 2024
[15] Lettre ouverte au Président Abdelmadjid Tebboune, Alternatv, 22 juillet 2026
[16] C’est ce que précisément Malek Bennabi voulait faire épargner à l’Algérie quand il se déplaça au Caire pour sensibiliser les responsables du FLN. Voir Témoignages sur la guerre de libération, préface de Sadek Sellam, Editions Héritage
[17] François Geze, Armée et nation en Algérie : l’irrémédiable divorce ? Hérodote 2005/1 n °116, pp175 à 203
[18] Marc Dugain L’impasse algérienne, Les Echos ,15 octobre 2021. Une tribune dans laquelle il s’interroge : on peut se demander comment un pays aussi riche compte une population aussi pauvre et aussi désireuse de fuir son pays pourtant indépendant.
[19] A-Ibrahim Kentour, âgé de 85 ans, Moudjahid dans la wilaya 3 durant la guerre de libération, puis opposant politique depuis le coup d’Etat de 1965, j’ai regagné le Résistance populaire fondée par Hocine Zahouane, Mohammed Harbi, Bachir Haj Ali, puis militant au MDA parti fondé par Ben Bella, défendu par Mecili quand le pouvoir d’Alger a fait pression sur Paris pour nous extrader vers l’Algérie, qui m’a a valu de vivre en résidence surveillée en France pendant deux ans et demie de 86 à 89 et de courts séjours en prison en 86 et 88. J’ai été approché par Smain Laamari, au Grand Hôtel de l’Opéra à Paris qui m’a proposé en contrepartie de cesser toute activité politique une grosse somme d’argent et une maison en Allemagne ou en Italie.
B- Senadji Mahmoud, ancien professeur à l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts d’Alger, j’ai écrit dans le Journal El Watan depuis le premier numéro et j’ai cessé cette correspondance après l’arrêt du processus électoral en 1992. En tant que professeur, je ne me suis jamais encarté, en 1999 avec la venue de Bouteflika, conscient que rien ne peut advenir de l’intérieur, j’ai quitté l’Algérie en février 1999 pour des raisons politiques. Durant la même année, j’ai publié un article « Lettre ouverte à Enrico Macias » qui m’a valu une convocation du Consulat d’Algérie et en 2003, l’année de l’Algérie, j’ai publié à Libération « Algérie, le testament des décombre » cette fois-ci, j’ai été entendu par les services de renseignements français qui m’ont annoncé que ce jour-là, le 2 juin 2003, ils ont accueilli Bouteflika le journal de Libération à la main et au moment où de son intervention au Parlement, certains députés francophones lisaient Libération. En 2022, soucieux de réunir la Diaspora, nous avons fondé un mouvement populaire « L’Algérie du Peuple » conscient que la poste colonie n’a fait que reproduire la colonie. La peur qui hantait Fanon et Bennabi.
حقيقة الحراك : إعادة التأسيس أم إنهيار الجزائر؟
هل نملك أخيراً الشجاعة لننظر إلى تاريخنا وجهاً لوجه؟ وهل نملك من lucidité ما يجعلنا نعترف بأننا أخفقنا في مشروعنا التحرري وفي مسار تصفية الاستعمار؟
في سنة 1962، انتزعت الجزائر استقلالها السياسي. غير أنّ الجزائري، في سنة 2026، لا يزال يبحث عن كرامته، وعن مواطنته، وعن حريته. لقد غادرت فرنسا الاستعمارية الأرض، لكن روح الهيمنة بقيت. غيّرت شكلها، ووجهها، وزيّها، وخطابها، وأسيادها.
لذلك لم تنتهِ تصفية الاستعمار يوم 5 يوليو 1962. إنها لا تزال مستمرة. ما زالت تعمل في تاريخنا، وفي وعينا، وفي ألمنا. بعد صيف 1962 الدموي، استولى جيش الحدود على السلطة بالقوة. وبانتزاعه استقلال الشعب منه، نصب نفسه مالكاً للدولة، والذاكرة، والمصير الوطني.
ومنذ ذلك اليوم، لم تتوقف معارضة هذا الحكم. لقد غيّرت وجوهها، وأشكالها، ولغتها، وأجيالها، لكنها لم تختفِ أبداً.
في البداية، حملتها شخصيات تاريخية، ثم انتظمت في حركات حزبية. وعرفت، في هذا المسار الطويل، الهزائم، والسجون، والمنافي، والاغتيالات، والجرائم الجماعية، والصمت المفروض. وانتهت إلى أن أصبحت معارضة سياسية سنة 1999، ثم بعد عشرين عاماً، في 2019، تحولت إلى معارضة مجتمعية شاملة: انتفاضة شعبية، وكلمة جماعية، وأغورا وطنية.
سيبقى 12 ديسمبر 2019 تاريخاً كاشفاً. ففي ذلك اليوم، رفض الشعب المهزلة الانتخابية وصرخ: «لا انتخابات مع العصابات».
كانت هذه الكلمة — العصابات — تقول كل شيء. كانت تشير إلى ما يسميه الجزائريون منذ زمن طويل «النظام»: سلطة غامضة، مافيوية، فاسدة، مُفسدة، ولا وطنية.
لقد حسم 12 ديسمبر 2019 الطبيعة الحقيقية للنظام الذي وُلد سنة 1962. فهذا النظام ليس حادثاً عابراً في المسار، ولا انحرافاً متأخراً. إنه يضرب جذوره في الخطيئة الأصلية لصيف 1962، حين استولى جيش الحدود على الجزائر بالقوة، بعد إقصاء مجاهدي الداخل والحكومة المؤقتة للجمهورية الجزائرية.
وبعد أن أصبح لاحقاً الجيش الوطني الشعبي، وضع يده على البلاد. ومن أجل أن يحكم إلى ما لا نهاية، أعاد إنتاج آليات الهيمنة نفسها التي عرفناها في عهد فرنسا الاستعمارية: التخويف، والتقسيم، والتلاعب، والإفساد، والسجن، والاغتيال، وتزوير التاريخ، وإضعاف المجتمع باستمرار.
وهكذا، فإن ما بعد الاستعمار لم يلغِ الاستعمار. لقد مدّد وجوده في شكل آخر.
بالأمس، كانت هناك جزائر المستوطنين في مواجهة جزائر الأهالي.
واليوم، هناك جزائر الجنرالات في مواجهة جزائر الشعب.
1999 : الأمل المخذول
من 1999 إلى 2019، تاريخان يتجاوبان. فهما، وحدهما، يرسمان الصورة القاسية للجزائر ما بعد الاستعمار.
في أبريل 1999، بعد سبع سنوات من حرب أخوية مزقت البلاد بعمق، بدا الأمل في بناء جزائر جديدة حقيقية ممكناً للحظة. كانت الحملة الانتخابية تحمل وعداً: وعد التغيير. وقد جسّدت هذا الوعد شخصيات أرادت بصدق أن تعيد الجزائر إلى مالكها الحقيقي: الشعب الجزائري.
لكن ذلك الأمل كُسر.
كان آيت أحمد، وحمروش، وطالب الإبراهيمي قد تلقوا ضمانات من الرئاسة والجيش — أي من النظام — بأن الانتخابات ستكون حرة ونزيهة.
لكن هل كانت كذلك فعلاً؟
كان الأخيران يعرفان النظام من الداخل لأنهما خدماه. أما الأول، فظل الشخصية التاريخية الكبرى للمعارضة منذ 1962، ووريث روح المجاهد، تلك الكرامة السياسية التي ترفض العبودية حتى عندما تتدثر بألوان الوطن.
ورغم ثقل التاريخ، ورغم الانتظار الكبير لدى الجزائريين، ورغم الأمل في بداية جديدة الذي أثارته تلك الحملة الانتخابية، ظل النظام وفياً لطبيعته العميقة: كل شيء، إلا الشعب.
كانت الكلمة المركزية في 1999 هي: التغيير.
وكان جواب النظام هو: الاستمرارية.
فعيّن بوتفليقة. وكان هذا الأخير الوريث السياسي لبوخروبة ـ بومدين، أي للمنظومة المؤسسة نفسها التي وُلد منها الحكم سنة 1962.
إن المنطق الذي نصّب بن بلة في السلطة سنة 1962 هو نفسه الذي أطاح به سنة 1965. إنها آلية المصادرة نفسها. إنه روح جيش الحدود نفسه. لقد شكّل روح جيش الحدود الجزائر.
في عهد بوخروبة ـ بومدين، كان زمن القوة.
وفي عهد الشاذلي، كان زمن الرداءة.
وفي عهد بوتفليقة، كان زمن المال.
اجمعوا القوة والجهل والمال في كيان واحد، تحصلوا على صورة الجزائر الحالية: بلد مشوّه وجزائري مشوّه.
2019 : أن نصير شعباً من جديد
كان ديسمبر 2019 اللحظة التي عبّر فيها الشعب، بوضوح غير مسبوق وبنضج سياسي كبير، عمّا حملته ستة عقود من المعارضة في الألم والتضحية: تغيير النظام.
لأول مرة في تاريخنا المعاصر، لم يكن المطلب الأساسي يتعلق برحيل رجل واحد، ولا باستبدال جماعة بأخرى، بل كان يستهدف قلب الهيمنة ذاته: «يتنحّاو ڨاع!»؛ أي: ليرحلوا جميعاً.
كان الحراك الشعبي أكثر من حركة سياسية. كان بعثاً أخلاقياً. كان الشعب يعود إلى الحياة. وكان يوقّع عودته إلى مسرح تاريخه الخاص.
كانت تلك اللحظة التي ذكّر فيها الجزائري العادي، والمرأة الواقفة، والشاب المُهان، والبطال، والمنفي، وسجين الرأي، والطبقات الشعبية والاجتماعية، والشارع الجزائري، النظامَ بهذه الحقيقة البسيطة: الجزائر لا تخصّه.
وأمام العالم، قدّم الشعب الجزائري صورة نموذجية لشعب يبحث عن كرامته.
لم يكن تاريخ الجزائر حاضراً، وحياً، ومحل نزاع كما كان خلال الحراك الشعبي. لقد حوّل الشعب الشارع إلى أغورا، وانتزع التاريخ من مستشاريات النظام ليعيده إلى الوعي الشعبي.
وتجلّت خلاصة هذا التملك يوم 5 يوليو 2019 في الجزائر العاصمة، عندما كان المتظاهرون يهتفون: «الشعب يريد الاستقلال».
لم يكونوا يرددون مجرد شعار.
كانوا يقدّمون التشخيص الأعمق لحالتنا التاريخية.
فالجزائر مستقلة، لكن الجزائري لم يستقل بعد.
1962، 1999، 2019، 2026: أربعة تواريخ، أربع جروح، أربعة كواشف.
1962 : » تحيا الجزائر ».
1999 : الجزائر المسكينة.
2019 : إن نصير شعباً من جديد.
2026 : الجزائر في مواجهة الانحدار.
لقد بثّ روح جيش الحدود، من أجل تثبيت هيمنته على الجزائر، سُمّه في الجسد الاجتماعي: الثقافة العسكرية.
وللأسف، لا يوجد فرق في الطبيعة بين الثقافة الاستعمارية والثقافة العسكرية. فكلاهما يقوم على تجريد الشعب من سيادته وتنظيم عجزه.
الجزائريون والتاريخ
لقد كُتبت أطنان من الكتب عن الجزائر في التاريخ. لكن علاقة الجزائري بتاريخه ما زالت تحتاج إلى مساءلة، وزيارة، وكتابة.
فالتاريخ ليس ذاكرة فقط. إنه رهان سياسي كبير، لأن من يمتلك السرد يمتلك الشرعية. ومن يكتب التاريخ يقرر من يكون بطلاً، ومن يكون خائناً، ومن يُنسى، ومن يُحتفى به، ومن يُمحى، وأي التواريخ ينبغي تقديسها.
كتب أورويل في روايته 1984: من يسيطر على الماضي يسيطر على المستقبل، ومن يسيطر على الحاضر يسيطر على الماضي. تبدو هذه العبارة وكأنها كُتبت من أجل الجزائر.
لم يصادر النظام الاستقلال من الجزائريين فحسب، بل سرق منهم تاريخهم أيضاً. لقد تحوّل إلى الكاتب الرسمي للرواية الوطنية. صنع أبطاله، وعيّن خونةه، وقدّس عشائره، ودفن جرائمه، وحيّد معارضيه، وزيّن فظائعه بلباس الشرعية الثورية.
وما دام التوافق قائماً بين أصحاب القرار حول تعيين الرئيس، كانت رواية واحدة تكفي. لكن منذ قدوم بوتفليقة، تصدّع ذلك التوافق. فظهرت روايات متعددة.
لا من أجل مصالحة الجزائريين مع تاريخهم.
ولا من أجل القيام بعمل المؤرخ.
ولا من أجل مساءلة الوقائع بصرامة.
بل غالباً من أجل وضع ذاكرة في مواجهة ذاكرة أخرى، ورؤية عشيرة في مواجهة رؤية عشيرة أخرى، بهدف تقسيم الجزائريين أكثر، وتحييدهم، وخدمة النظام.
وقد ولّدت هذه المصادرة فتوراً بين الجزائري وتاريخه، وشكاً كبيراً، يكاد يبلغ حد الطلاق.
في 2019، صرنا شعباً. ولكي نعطي لهذا الشعور حياة، أصبحنا مطالبين باستعادة تاريخنا، لا من أجل أسطرته، بل من أجل فهمه.
كان حسين زهوان يذكّر بأن الحقيقة التاريخية ليست ثابتة أبداً، وأن التاريخ يكشف أسراره متأخراً، وأن القاعدة الأساسية، وفقاً لريمون آرون، هي أن يرفض المفسّر رؤية عصر أو مجتمع أو طبقة كما كانوا يرون أنفسهم، وأن يعيد دائماً الماضي إلى الحاضر.
وإذا أعدنا الماضي إلى حاضرنا، فإن أول سؤال كبير يُطرح على النظام هو:
ماذا فعلتم باستقلالنا؟
لا تُبنى الدولة على شرعية مغتصبة. فالدولة التي وعدنا بها بوخروبة ـ بومدين، مؤسس النظام، أصبحت ملكاً للعصابات المافيوية.
المعارضة وفخّ الفتنة
لقد استخدم النظام ما بعد الاستعماري، مثل النظام الاستعماري، سلاحين دائماً: الانتخابات كواجهة سياسية، والعنف كاستراتيجية للهيمنة. لقد جعل من الخوف أداة للحكم، ومن الفتنة أداة للبقاء. ولم يسمح في الفضاء العام إلا بالحلفاء، والخدم، والكومبارس، أو الأعداء الذين يجب القضاء عليهم.
للتذكير، كان الاغتيال السياسي لمسيلي سنة 1987 يهدف إلى خنق المصالحة بين حزبين ديمقراطيين أسسهما رجال تاريخيون: جبهة القوى الاشتراكية والحركة من أجل الديمقراطية في الجزائر. كما كان اغتيال عبد القادر حشاني سنة 1999 يستهدف شخصية مصالحة، وجسراً ممكناً بين تيارات سياسية كان النظام يريد إبقاءها منفصلة.
منذ 1962، طارد النظام القيم التي تؤسس نبل الإنسان، والتي كانت تميّز شخصية المجاهد: الشجاعة، والصدق، والنزاهة، والاستقامة، والتضحية. لقد اعتبر دائماً النقد إهانة، والاختلاف تهديداً، والمعارضة خيانة.
ولهذا لم تستطع المعارضة السياسية، في شكلها الكلاسيكي كتنظيم أو حزب فقط، أن تغيّر النظام. فهو لا يحارب خصومه فحسب؛ بل ينظّم شروط عجزهم عبر تقسيمهم، وعزلهم، ودفعهم إلى التنافس، ثم تقديم نفسه باعتباره الضامن الوحيد للهدوء.
إن الدرس الحقيقي من تاريخنا واضح: رغم اختلافاتنا — ومن الجيد أنها موجودة، لأنها علامة غنانا — يجب أن نعتمد خطاً موجهاً، وأرضية مشتركة، ومثالاً مؤسساً: تغيير النظام.
ليست الساعة ساعة فتنة. فالفتنة جزء من التحذير الأورويلي: إنها تمنح النظام الحياة.
فلنأخذ العبرة من أسلافنا في 1999. فرغم اختلافاتهم، اتخذت الشخصيات الست في الانتخابات الرئاسية قراراً سياسياً مشتركاً: الانسحاب عشية الانتخابات. ثم حررت، في 14 مايو، «بيان الحريات والديمقراطية». ولا يزال هذا البيان راهناً، ويمكننا أن نتبناه من دون أي تحفظ.
تبون هو رئيس الجزائر؛ لكنه ليس رئيس الجزائريين.
وهذا التمييز ليس مجرد صيغة بل خط سياسي. فحين يخاطبه بعض المعارضين كرئيس حامل لشرعية شعبية، فإنهم يخاطرون بتشويه صورة غير الموقّعين على النداء. كما يخاطرون بوضعهم ضمن خانة المعارضين المسمّين «غير المتحضرين»، والمفترض أنهم هدّامون، وبذلك يعرّضونهم أكثر لغضب «مؤثري» الجزائر الجديدة، حراس العبودية الرقمية، الذين يرون في كل معارض خائناً يجب إسقاطه.
نحن لا نلومهم، بل ننبههم إلى وجود جزء آخر من إخوانهم وأخواتهم، يشاركونهم المعركة نفسها، والألم نفسه، والمثال نفسه.
المعارضة الداخلية: القلب الحي للمقاومة
المعارضة الحقيقية موجودة على أرض الجزائر. وهي أكثر من متحضرة. لقد انتظمت في حركات سياسية، وجمعوية، ونقابية، وفي أصوات حرة، وضمائر مستقيمة، ووجودات مهددة.
وهي تحمل في داخلها شخصيات سياسية جديرة بتمثيل الجزائر والجزائري.
فما المصير المخصص لها؟
هناك من يأمل في العودة إلى الجزائر.
أما هم، فيناضلون فقط من أجل أن يعيشوا فيها.
إنهم يعيشون في نظام يزرع اللا-حياة. يقاومون ويأملون. يومياتهم ليست يوميات تعليق من بعيد، بل يوميات خطر. معركتهم ليست مجردة: إنها مراقبة، وإهانة، وترهيب، ومنع، واستدعاءات، وسجون، ومنافي داخلية، وحرمان يومي.
إنهم يعيشون الجحيم.
لكنهم يبقون واقفين.
دورنا هو أن نرافقهم. دورنا أن نكون، نحن أيضاً، مرضى بأملهم. مرضى بذلك الأمل الذي يبقيهم واقفين. مرضى بتلك الوفاء الذي يجعل منهم الورثة الحقيقيين لتاريخ الجزائر.
لأن الإرث الوحيد الذي تركته هذه الأرض لأبنائها، والكنز الوحيد الذي لم يستطع المستعمرون ولا الجزائر المستقلة أن يدمروه كلياً، هو روح المقاومة. وهذه الروح بالذات هي ما يريد النظام اقتلاعه.
ألا نكرر أخطاء الماضي
إن الحالة التي توجد فيها الجزائر والجزائري يجب أن تلزمنا بعدم تكرار أخطاء الماضي.
لقد رأينا ما خلّفته الانقسامات، والخصومات، والخلافات داخل الحركة الاستقلالية: أزمات، واغتيالات، واحتواء، وعشائر، ومآسٍ. ولم تتعافَ الجزائر منها حقاً.
منذ نوفمبر 1954، تلاحقنا خطيئة مؤسسة: أننا قلبنا النظرية الثورية. فحيث كان يجب أن تكون هناك منظمة، ثم تعبئة، ثم انتفاضة، بدأنا بالانتفاضة، ومنذ ذلك اليوم لم نتوقف عن الركض خلف التنظيم.
هذا الانقلاب لم يُنتج أبداً تنظيماً سياسياً صلباً، ذا قيادة مركزية، قادراً على تحويل التضحية إلى دولة، والثورة إلى مؤسسة، والاستقلال إلى سيادة شعبية.
لقد فتح الباب للمؤامرات، والاغتيالات، ومنطق القوة في 1962، واليوم للعصابات المافيوية.
ثلاث شخصيات كبرى من العهد الاستعماري خدمت الجزائر بصدق، وعرفت مصائر مأساوية.
مِصالي، مؤسس التيار الاستقلالي، أُقصي إلى مرتبة الخائن.
البشير الإبراهيمي، الشيخ وفارس اللغة العربية، حُبس في تهمة الاندماجية.
مالك بن نبي، المثقف الملتزم، اختُزل في صورة مريحة لمفكر نظري يعيش في برج عاجي، وكأنه لم يشارك في معركة التحرر.
لقد حارب النظام الرجال الذين كان بإمكانهم أن يعيدوا الجزائر إلى عمقها التاريخي، والسياسي، والروحي، والحضاري. وتلاعب بصورهم حتى يمنع الجزائريين من التفكير بحرية في تاريخهم الخاص.
والحال أن الجزائر البديلة التي يتمناها كل جزائري يجب أن تتصالح أولاً مع تاريخها.
إن المشكلة السياسية في الجزائر تجد مصدرها في الخطيئة الأصلية لسنة 1962: أخذ السلطة بالقوة من طرف جيش الحدود. هذه اللاشرعية الشعبية لا تُقاس. لقد خلقت طلاقاً عميقاً، يكاد يكون غير قابل للإصلاح، بين النظام والشعب.
وما دام هذا الطلاق لم يُسمَّ، ولم يُفكَّر فيه، ولم يُعترف به، ولم يتم تجاوزه، فإننا سنواصل العيش في المأزق الجزائري: مجتمع بلا أفق، ومأزق حبلى بكل الأخطار.
خلاصنا في وحدتنا
خلاصنا في وحدتنا.
الوحدة لا تعني أبداً التماثل. وهي لا تلغي الاختلافات، بل تمنحها أرضاً مشتركة. تتيح لها أن تتحاور، وأن تنمو، وأن تغتني، وأن تنتظم حول هدف أعلى.
قد تكون لنا حساسيات مختلفة ومسارات مختلفة. لكن لم يعد مسموحاً لنا أن نحوّل اختلافاتنا إلى شروخ قاتلة. إننا نسيء إلى فكرة المعارضة نفسها أمام أعين الشعب. وخلف الستار، يفرك النظام يديه: انقساماتنا، وخصوماتنا، وشكوكنا، هي وقوده.
الوحدة هي سلاح خلاصنا. وهي أول فعل من أفعال إعادة التأسيس.
كما أشارت جوزي غارسون سنة 1999 في مقالها «الجزائر، الاستعادة المستحيلة»، إذا كانت هناك قاعدة ثابتة في الحياة السياسية الجزائرية، فهي أن الأسوأ لا يُستبعد أبداً.
وأي أسوأ يمكن أن ينزل بالجزائر بعد كل الكوارث التي عاشتها؟
الكارثة العمرانية قائمة.
الكارثة السياسية قائمة.
الكارثة الاقتصادية قائمة.
الكارثة الثقافية قائمة.
الكارثة اللغوية قائمة.
الكارثة الأخلاقية قائمة.
ولم يبقَ إلا الكارثة الأخيرة: انهيار الجزائر.
نحن في حالة استعجال.
إعادة التأسيس أو الانهيار.
إنقاذ الجزائر من الالتباس القاتل
علينا أن ننقذ الجزائر من هذا الالتباس القاتل الذي يريد النظام أن يسجنها فيه. فهو يخلط نفسه بها. يدّعي أنه يجسدها. ويريد أن يوهم الناس بأن معارضته هي معارضة للجزائر.
لكنه منذ أكثر من ستين عاماً يعمل على سقوط البلاد. يستنزف الجزائر ويفرغها من قواها الحية، يهين الشعب، يفرغ المؤسسات، يفسد النخب، يفقر المجتمع، ويكاد يجعلنا نندم على اليوم الذي تجرأ فيه آباؤنا على مواجهة النظام الاستعماري.
إن صورة برلين، في 16 يوليو 2026، مثلها مثل لقاءات أخرى كثيرة لرئيس الجزائر، أعادت إلى السطح الصور النمطية القديمة للثقافة الاستعمارية. بالأمس، كنا نتحدث عن «بني وي وي» و«البوز بوز»، أولئك الأهالي النافعين للنظام الاستعماري. أما اليوم، فلدينا مؤثرو النظام، والنيومارسيون، و«راني راضي ببلادي»، والطبّالون، والشياتون.
للأسف، كما في الزمن الاستعماري، ما زال لدينا دائماً من يعيشون في فلك النظام: رجال يصفقون لإهانتهم، وأصوات تحول خضوعها إلى وطنية، وأناس تحدد المصالح مواقفهم أكثر مما تحددها المبادئ.
وجع الجزائر
كأشخاص، يمكننا أن نعيش.
لكن كجزائريين، نحن نتألم.
نتألم بشدة.
لقد أُهين شعبنا منذ 1830، وما زال يُهان. وفي 2026، نحن، ورثة هذا الألم الطويل والرهيب، ما زلنا عاجزين عن انتخاب شخص بحرية، يكون جديراً بتمثيل الجزائر والجزائري.
شخص يحب الجزائر والجزائري.
شخص يتصرف كخادم أمين لهما.
شخص يفهم أن خدمة الدولة لا تعني أن يتصرف المرء وكأنه الدولة نفسها.
كيف يمكن أن نقبل، في بلد الشهداء هذا، أن يتصرف رجال من النظام كآلهة، وأن يفعلوا ما يشاؤون بلا حساب، على صورة «رب دزاير» — إله الجزائر — من غير أن ننسى الآلهة الصغيرة، «الأرباب»، التي لا يزال النظام ينجبها؟
إن خلاصنا إذن في وحدتنا. وهذه الوحدة تفرض نفسها إذا كانت الجزائر وكرامة الجزائري هي همّنا الأساسي.
اليوم، النظام، بوصفه سجيناً لمنطقه الخاص، لا يستطيع أن ينفتح على المجتمع، لأن هذا الانفتاح، في نظره، سيكون علامة اختفائه.
فليعلم، مع ذلك، أن نهايته ستكون خلاصاً لبقائنا كشعب.
إن السيادة الشعبية هي الضامن الوحيد لمصيرنا الوطني. وهي المنطلق الحقيقي لنهضتنا.
في ذلك اليوم فقط، ستكتمل تصفية الاستعمار.
في ذلك اليوم فقط، ستكف الجزائر عن أن تكون مصادَرة.
في ذلك اليوم فقط، سيستعيد صرخة 1962 معناها العميق:
تحيا الجزائر.
إبراهيم كنتور – محمود صنهاجي
جزائر الشعب
المراجع
[1]
ذكرى من شبابي شكّلت وعيي السياسي برمّته. كنت تلميذاً في المرحلة الثانوية سنة 1976، وكنت أنشط في صفوف الاتحاد الوطني للشبيبة الجزائرية (UNJA) في قريتي. وقد دُعينا لحضور اجتماع للاستماع إلى المفوض السياسي للحزب الواحد، جبهة التحرير الوطني (FLN). ولم يبقَ في ذاكرتي من ذلك اللقاء سوى الموقف المتعالي للمفوض، وهاتان العبارتان الكاشفتان عن الروح الحزبية التي كان يتحدث بها: «جَبْنَالْكُمْ الاستقلال وقرّيناكم»؛ أي: «نحن من جلب لكم الاستقلال، ونحن من علّمكم وأدخل أبناءكم إلى المدرسة».
في ذلك اليوم، ترسّخت في داخلي فكرة وجود «هم» و«نحن»، ولم تلبث هذه الفكرة أن تعززت مع مرور الوقت، واكتسبت معناها الفكري في قناعة مفادها أن هناك، إلى اليوم، جزائرين: جزائر الجنرالات وجزائر الشعب.
[2]
اخترنا سنة 2022 تاريخ 12 ديسمبر لإطلاق فكرة «جزائر الشعب»، في إشارة إلى 12 ديسمبر 2019. وكان شعار «لا انتخابات مع العصابات» بمثابة حدود سياسية فاصلة بين الحراك المؤسساتي، ممثلاً في أولئك الذين فرضوا الانتخابات واعتبروا أن الحراك قد حقق أهدافه من خلال انتخاب تبون (جزائر الجنرالات ـ النظام)، وبين الحراك الشعبي، أي أولئك الذين قالوا «لا» لهذه المهزلة، وهم غالبية الشعب، وما زالوا يناضلون من أجل استقلال المواطن الجزائري. ونرى أنهم يمثلون جزائر الشعب.
[3]
مولود حمروش، «النظام الجزائري معادٍ للوطنية»، جريدة الوطن (El Watan)، 04/09/2019.
[4]
يستخدم المؤرخ محمد حربي مفهوم «الاستعمار الداخلي» لتعريف مرحلة ما بعد الاستعمار في الجزائر.
[5]
إن الأمانة الأخلاقية والفكرية تفرض عليّ أن أكتب أن الهدف الذي كان يسعى إليه «الجانفيستيون» سنة 1992، عندما قرروا وقف المسار الانتخابي، كان إعادة الجزائريين إلى المناخ نفسه الذي ساد خلال حرب الاستقلال. وقد استمرت تلك الحرب سبع سنوات (1992-1999). وكان الهدف أن تطغى الحرب الثانية على الأولى، وأن تُبرَّأ صورة الاستعمار من جرائمه. ويشكل قانون «الدور الإيجابي للاستعمار» الذي أقرّته فرنسا في فبراير 2005 مثالاً واضحاً على ذلك.
[6]
سنادجي محمود، «الجزائر: بلد المحاكاة والتمثيل»، أوما (Oumma)، 29 ديسمبر 2008.
[7]
«الجزائر: إلى متى يستمر استقلال الجزائري؟»، لو ماتان دالجيري (Le Matin d’Algérie)، 14 يوليو 2026.
[8]
لقاء واحد شكّل حياتي. كنت في العشرين من عمري، في صيف سنة 1977، وخلال مناسبة عائلية، أصرّ آخر أفراد عائلتي، عائلة صنهاجة، الذين كانوا لا يزالون يعيشون في جبل بابور في منطقة القبائل الصغرى، على رؤيتي بعدما علم أن والدي، الذي توفي سنة 1957، كان قد ترك مولوداً لم يتجاوز عمره يومين.
وحين وقفت أمامه، أمسك برأسي بين يديه، ونظر إليّ بعمق، ثم قال عبارة بالغة الحكمة، وذات دلالة برنامجية، سواء بالنسبة إلى الإنسان أو إلى شعب بأكمله:
«من لا يعرف تاريخه يضلّ طريقه».
إن الشعور العميق بالضيق الذي يعاني منه الجزائريون، والانهيار الأخلاقي الذي تعيشه Gesellschaft، والرغبة المجتمعية في الهروب من البلاد، كلها تجد تفسيرها في التاريخ. وإن تصالحنا مع تاريخنا، بعد تحريره من أي هيمنة سياسية، هو شرط نهضتنا وتصالحنا كجزائريين. وكان ذلك هو الأمل الذي حمله الحراك الشعبي سنة 2019.
[9]
لقد قدّم المسرحي عبد القادر علولة العلاقة بين الجزائري وتاريخه بصورة بارعة في مسرحيته «الناس الطيبون» (Les Bonnes gens)، حيث يخاطب أحد الممثلين صديقه قائلاً:
«أنت والتاريخ لن تلتقيا أبداً؛ عندما ينزل التاريخ تصعد أنت، وعندما يصعد التاريخ تنزل أنت».
إن مأساة الجزائر والجزائري تكمن كلها هنا: غياب الحقيقة التاريخية.
[10]
حسين زهوان، الجزائر ـ أخبار الأسبوع، العدد الصادر في الفترة من 25 نوفمبر إلى 1 ديسمبر 1993.
[11]
أشير هنا إلى النكتة التي كانت متداولة في الجزائر. فقد كان زعيم المافيا الإيطالية مستاءً جداً من سماعه أن المافيا الجزائرية هي الأقوى. ولِمعرفة ما الذي يجعلها أقوى، أرسل أحد مساعديه للاستفسار عن الأمر. وعاد إليه بهذا الاستنتاج الصادم:
«نعم، إنهم الأقوى. لديهم دولة، وعَلَم، وجيش، وسفارات، وأموال. لديهم كل شيء».
وقد وردت هذه النكتة في كتاب الباحث توماس: «الجزائر في مواجهة الكارثة المعلّقة».
[12]
كانت الطمأنينة (SOUSTA) بالفعل سمة مميزة لفترة بوكحروبة ـ بومدين، حيث كان الناس يشعرون بالأمان. لكن الطمأنينة لا تعني بأي حال من الأحوال السلام الداخلي. فالسلام الداخلي يحرّك المجتمع ويدفعه إلى الأمام، بينما الطمأنينة تشلّه.
[13]
حسين آيت أحمد، مولود حمروش، طالب الإبراهيمي، يوسف الخطيب، عبد الله جاب الله ومقداد سيفي، «بيان من أجل الحريات والديمقراطية»، 14 مايو 1999.
[14]
«ما الذي تمثله جزائر تبون؟»، جريدة لو ماتان دالجيري (Le Matin d’Algérie)، 4 سبتمبر 2024.
[15]
«رسالة مفتوحة إلى الرئيس عبد المجيد تبون»، Alternatv، 22 يوليو 2026.
[16]
هذا تحديداً ما كان مالك بن نبي يريد أن يجنب الجزائر الوقوع فيه عندما انتقل إلى القاهرة من أجل توعية مسؤولي جبهة التحرير الوطني. انظر: «شهادات حول حرب التحرير»، مقدمة صادق سلام، منشورات Héritage.
[17]
فرانسوا غيز، «الجيش والأمة في الجزائر: الطلاق الذي لا مفر منه؟»، مجلة Hérodote، العدد 116، 2005/1، ص. 175-203.
[18]
مارك دوغان، «المأزق الجزائري»، صحيفة Les Echos، 15 أكتوبر 2021. وهي مقالة رأي يتساءل فيها قائلاً: «يمكننا أن نتساءل كيف يمكن لبلد بهذه الدرجة من الثراء أن تكون له ساكنة بهذه الدرجة من الفقر، وبهذه الرغبة الكبيرة في مغادرة بلدها، رغم أنه بلد مستقل».
[19]
أ ـ إبراهيم كنتور: يبلغ من العمر 85 عاماً. كان مجاهداً في الولاية الثالثة أثناء حرب التحرير، ثم أصبح معارضاً سياسياً منذ انقلاب 1965. التحقتُ بالمقاومة الشعبية التي أسسها حسين زهوان، ومحمد حربي، وبشير حاج علي، ثم انخرطت في حزب الحركة من أجل الديمقراطية (MDA) الذي أسسه أحمد بن بلة. وقد دافع عني المحامي علي مسيلي عندما مارس نظام الجزائر ضغوطاً على باريس لتسليمنا إلى الجزائر، وهو ما أدى إلى إقامتي الجبرية في فرنسا لمدة عامين ونصف، من 1986 إلى 1989، وإلى فترات قصيرة من السجن في عامي 1986 و1988.
وقد اتصل بي سماعين لعماري في فندق غراند أوتيل دو لابيرا (Grand Hôtel de l’Opéra) في باريس، وعرض عليّ، مقابل توقفي عن أي نشاط سياسي، مبلغاً كبيراً من المال ومنزلاً في ألمانيا أو إيطاليا.
ب ـ سنادجي محمود: أستاذ سابق في المدرسة العليا للفنون الجميلة بالجزائر. كتبت في صحيفة الوطن (El Watan) منذ صدور عددها الأول، وتوقفت عن هذا التعاون بعد وقف المسار الانتخابي سنة 1992.
وبصفتي أستاذاً، لم أنخرط قط في أي حزب سياسي. وفي سنة 1999، ومع وصول بوتفليقة إلى الحكم، وإدراكي أنه لا يمكن أن يحدث أي تغيير من الداخل، غادرت الجزائر في فبراير 1999 لأسباب سياسية.
وفي السنة نفسها، نشرت مقالاً بعنوان «رسالة مفتوحة إلى إنريكو ماسياس»، استدعاني على إثره قنصل الجزائر. وفي سنة 2003، التي أُعلنت «سنة الجزائر» في فرنسا، نشرت في صحيفة Libération مقالاً بعنوان «الجزائر، وصية الحطام». وهذه المرة، استجوبتني أجهزة الاستخبارات الفرنسية، وأبلغتني أنه في ذلك اليوم، 2 يونيو 2003، استقبلوا بوتفليقة وهم يحملون صحيفة Libération بأيديهم، وأنه أثناء كلمته أمام البرلمان، كان بعض النواب الناطقين بالفرنسية يقرأون صحيفة Libération.
وفي سنة 2022، وحرصاً منا على توحيد أفراد الجالية الجزائرية في الخارج، أسسنا حركة شعبية تحت اسم «جزائر الشعب»، انطلاقاً من قناعتنا بأن مرحلة ما بعد الاستعمار لم تفعل سوى إعادة إنتاج الاستعمار.
ذلك هو الخوف الذي كان يؤرق فرانز فانون ومالك بن نبي.
